Mardi 13 mai 2008
    Je viens de terminer la première partie de mon nouveau roman. J'étais très enthousiaste à l'écriture, mais la relecture me laisse plus hésitant. J'oscille toujours, lorsque j'écris, entre l'exaltation et un profond abattement. Je me sens déçu, condamné à n'être jamais qu'un écrivain médiocre. Rien de bien original, en somme.

    L'ami Émilio cite sur son blog A.Green ("La lettre et la mort"), que je n'ai jamais lu : " l'écrivain peut mourir de son écriture, mourir de cette écriture qui creuse trop profondément dans sa vie psychique jusqu'à réveiller, réveler, l'insoutenable." Il se dit réticent et tremblant, puis se demande : "À quand la Lettre et la vie ?" D'une certaine manière, l'écrivain peut sans doute mourir de son écriture, ou tout du moins être mis par elle en danger, sans cesse sur le fil du rasoir, entre raison et folie. Mais, cher Émilio, écrire sur la mort, c'est inexorablement écrire sur la vie. Peut-être est-ce pour cela que je ne pourrai jamais écrire sur autre chose.


   
par Jeb publié dans : Littérature
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