Dans le premier film de David Lynch, Eraserhead, le personnage principal a la charge d'un monstrueux bébé prématuré. Dans une scène cultissime, il cherche à
libérer l'avorton en découpant aux ciseaux le bandage qui maintient le petit corps difforme, débridant par la même occasion, alors qu'il voulait y mettre fin, ses fantasmes les plus sombres.
Nous sommes à la fin du mois de février, et toujours l'attente... J'ai enfin débuté mon second roman, avec la sensation de tenir cette fois le bon bout et l'excitation qui
accompagne l'inspiration débridée, une renaissance. Chaque personnage m'amène un peu plus loin d' Une éducation libertine, les fantômes refont surface, à la fois familiers et
polymorphes. Songer qu'un texte achève un démon, c'est se leurrer : le voici une fois de plus au détour d'une ligne, différent mais bel et bien présent, dans l'attente d'être cerné de mots,
enfermé de nouveau dans une boîte de Pandore.
À chacun son avorton et sa paire de ciseaux.
par Jeb
publié dans :
Littérature
1
recommander
Retour à la page d'accueil