Mercredi 12 décembre 2007
C'est les fêtes, et Taschen nous gâte ! C'est en errant dans les rayons de la FNAC que j'ai trouvé, dans un recoin presque obscur, ce livre consacré au photographe Sebastiao
Salgado. Il m'a suffit de feuilleter quelques pages d'Africa avant de fuir vers les caisses, l'ouvrage sous le bras, heureux comme un gosse devant le sapin de Noël. Pour ceux qui, comme moi,
méconnaissent son œuvre ou en ignorent carrément l'existence, il est urgent de combler nos lacunes.
Photographe brésilien engagé, Salgado a été élu ambassadeur de l'UNICEF en 2001. Il n'a pourtant pas toujours fait l'unanimité et des personnes (forcément mal intentionnées) l'ont accusé de commercialiser la misère humaine en cherchant le beau dans des situations dramatiques.
Oublions ces vilains jaloux. Oui, les photos de Salgado sont belles. Époustouflantes même. Ses portraits sont d'une puissance peu commune, ses paysages n'ont rien à envier aux tableaux des grands maîtres. Pour autant, rien n'est masqué, la misère est là, dans les camps de réfugiés, les bidonvilles de l'Est, le dénuement de l'homme bien palpable ; la beauté est tirée hors de ses sentiers battus. Le défi de Salgado, c'est aussi de rendre justice à l'Afrique, continent de tous les contrastes, de toutes les couleurs, par le noir et blanc. Malheureusement les photos que l'on trouve sur le Net ne sont pas les meilleures à mon goût. Le petit format ne leur rend pas justice. Vous l'avez compris, votre devoir est d'aller acheter ce bijou ! Dans l'attente, place à quelques clichés:





Photographe brésilien engagé, Salgado a été élu ambassadeur de l'UNICEF en 2001. Il n'a pourtant pas toujours fait l'unanimité et des personnes (forcément mal intentionnées) l'ont accusé de commercialiser la misère humaine en cherchant le beau dans des situations dramatiques.
Oublions ces vilains jaloux. Oui, les photos de Salgado sont belles. Époustouflantes même. Ses portraits sont d'une puissance peu commune, ses paysages n'ont rien à envier aux tableaux des grands maîtres. Pour autant, rien n'est masqué, la misère est là, dans les camps de réfugiés, les bidonvilles de l'Est, le dénuement de l'homme bien palpable ; la beauté est tirée hors de ses sentiers battus. Le défi de Salgado, c'est aussi de rendre justice à l'Afrique, continent de tous les contrastes, de toutes les couleurs, par le noir et blanc. Malheureusement les photos que l'on trouve sur le Net ne sont pas les meilleures à mon goût. Le petit format ne leur rend pas justice. Vous l'avez compris, votre devoir est d'aller acheter ce bijou ! Dans l'attente, place à quelques clichés:






Voici le
tant attendu visuel du chef d'œuvre posthume de Gabrielle Wittkop, "Chaque jour est un arbre qui tombe" qui paraîtra au mois de décembre en Folio.
Enfin ! Il ne fallait pas désespérer, mon roman a trouvé son titre. J'étais
un peu inquiété par cette première page blanche. J'ai listé, rayé, cogité... Il me fallait quelque chose de pertinent, d'accrocheur, qui soit à la fois fidèle au livre et connoté XVIII°. Ce sera
donc:
Je viens de voir sur Bibliobs qu'un roman inédit
de Vita Sackville-West , "Plus jamais d'invités !" (paru sous le titre original "Easter party" ... no comment) sort aux éditions Autrement. Frédéric Vitoux parle d'une
traduction approximative et d'une construction dramatique très classique : le bonhomme n'a pas l'air transcendé.

Je saisis la plume qui va construire le
deuxième chant... instrument arraché aux ailes de quelque pygargue roux ! Mais... qu'ont-ils donc mes doigts ? Les articulations demeurent paralysées, dès que je commence mon travail. Cependant,
j'ai besoin d'écrire... C'est impossible ! Eh bien, je répète que j'ai besoin d'écrire ma pensée : j'ai le droit, comme un autre, de me soumettre à cette loi naturelle... Mais non, mais non, la
plume reste inerte !... Tenez, voyez, à travers les campagnes, l'éclair qui brille au loin. L'orage parcourt l'espace. Il pleut... Il pleut toujours... Comme il pleut !... La foudre a éclaté...
elle s'est abattue sur ma fenêtre entrouverte, et m'a étendu sur le carreau, frappé au front. Pauvre jeune homme ! ton visage était déjà assez maquillé par les rides précoces et la difformité de
naissance, pour ne pas avoir besoin, en outren de cette longue cicatrice sulfureuse ! (Je viens de supposer que la blessure est guérie, ce qui n'arrivera pas de sitôt.) Pourquoi cet orage et
pourquoi la paralysie de mes doigts ? Est-ce un avertissement d'en haut pour m'empêcher d'écrire, et de mieux considérer ce à quoi je m'expose, en distillant la bave de ma bouche carrée ?
Mais, cet orage ne m'a pas causé la crainte. Que m'importerait une légion d'orages ! Ces agents de la police céleste accomplissent avec zèle leur pénible devoir , si j'en juge sommairement
par mon front blessé. Je n'ai pas à remercier le Tout-Puissant de son adresse remarquable ; il a envoyé la foudre de manière à couper précisément mon visage en deux, à
partir du front, endroit où la blessure a été le plus dangereuse : qu'un autre le félicite ! Mais, les orages attaquent quelqu'un de plus fort qu'eux. Ainsi donc, horrible Éternel, à la
figure de vipère, il a fallut que, non content d'avoir placé mon âme entre les frontières de la folie et les pensées de fureur qui tuent d'une manière lente, tu aies cru, en outre, convenable à
ta majesté, après un mûr examen, de faire sortir de mon front une coupe de sang !... Mais, enfin, qui te dit quelque chose ? Tu sais que je ne t'aime pas, et qu'au contraire, je te hais :
pourquoi insistes-tu ? Quand ta conduite voudra-t-elle cesser de s'envelopper des apparences de la bizarrerie ? Parle-moi franchement, comme à un ami : est-ce que tu ne doutes pas, enfin, que tu
montres, dans ta persécution odieuse, un empressement naïf, dont aucun de tes séraphins n'oserait faire ressortir le complet ridicule ? Quelle colère te prend ? Sache que, si tu me laissais vivre
à l'abri de tes poursuites, ma reconnaissance t'appartiendrait. Allons, Sultan, avec ta langue, débarrasse-moi de ce sang qui salit le parquet. Le bandage est fini : mon front étanché a été lavé
avec de l'eau salée, et j'ai croisé des bandelettes à travers mon visage. Le résultat n'est pas infini : quatre chemises, pleines de sang et deux mouchoirs. On ne croirait pas, au premier abord
que Maldoror contînt tant de sang dans ses artères ; car sur sa figure, ne brillent que les reflets du cadavre. Mais enfin, c'est comme ça. Peut-être que c'est à peu près tout le sang que pût
contenir son corps, et il est probable qu'il n'y en reste pas beaucoup. Assez, assez, chien avide ; laisse la parquet tel qu'il est ; tu as le ventre rempli. Il ne faut pas
continuer à boire car tu ne tarderais pas à vomir. Tu es convenablement repu, va te coucher dans le chenil ; estime-toi nager dans le bonheur ; car tu ne penseras pas à la faim, pendant trois
jours immenses, grâce aux globules que tu as descendus dans ton gosier, avec une satisfaction solennellement visible. Toi, Léman, prends un balais ; je voudrais aussi en prendre un, mais je n'en
ai pas la force. Tu comprends, n'est ce pas, que je n'en ai pas la force ? Remets tes pleurs dans leur fourreau ; sinon , je croirais que tu n'as pas le courage de contempler, avec sang-froid, la
grande balafre, occasionnée par un supplice déjà perdu pour moi dans la nuit des temps passés. Tu iras chercher à la fontaine deux seaux d'eau. Une fois le parquet lavé, tu mettras ces
linges dans la chambre voisine. Si la blanchisseuse revient ce soir, comme elle doit le faire, tu les lui remettras ; mais, comme il a plu beaucoup depuis une heure, et qu'il continue de
pleuvoir, je ne crois pas qu'elle sorte de chez elle ; alors elle viendra demain matin. Si elle te demande d'où vient tout ce sang, tu n'es pas obligé de répondre. Oh ! que je suis faible !
N'importe, j'aurai cependant la force de soulever le porte-plume, et le courage de creuser ma pensée. Qu'a-t-il rapporté au Créateur de me tracasser, comme si j'étais un enfant, par un orage qui
porte la foudre ? Je n'en persiste pas moins dans ma résolution d'écrire. Ces bandelettes m'embêtent, et l'atmosphère de ma chambre respire le sang...
Avril 2004