Lundi 11 février 2008
    ZootGroupOnWood-JPG.jpg
Je suis un écrivain dangereux, ma production est malfaisante, nocive, le poison que renferment mes livres tue les lecteurs, et durant leur brève agonie ils ont le temps de rendre leur entourage fou, infirme, incapable de joie de vivre à jamais. Une ligne suffit, la dose est déjà létale. Même si vous brûlez cette page sur le barbecue de votre jardin, vous l'aurez rejointe demain au milieu des cendres.
- J'ai toujours demandé mon interdiction.
    Mais par laxisme les autorités se refusent d'exercer à mon endroit la bienfaisante censure. Je suis un meurtrier libre d'utiliser ses armes, de poser des bombes dans les librairies, les bibliothèques, jusque dans les maisons de la presse des gares et aéroports pourtant quadrillés par l'armée. J'explose au centre des crânes de tous ces gens de culture surannés, lents, passionnés par le déchiffrement des phrases, qui expient d'avoir trahi leur époque et la modernité.
- Ne comptez pas sur moi pour me lamenter sur leur sort.
    Les terroristes ne plaignent pas leurs victimes avec la sensiblerie d'une amie des bêtes qui vient d'écraser une poule. Quelles que puissent être les circonstances, on est toujours coupable de s'être laissé aller à mourir. On ne meurt que par imprudence, inadvertance, forfanterie, manque de discernement, ou pour n'avoir pas eu le courage d'affronter la maladie en héros.
- Je ne fais partie d'aucune organisation.
    La proximité des écrivassiers me répugne. Je suis un embusqué, un sniper. Méfiez-vous de mon sourire, mes lèvres sont une trappe, l'entrée d'un gouffre où vous tomberez inertes. Mes dents brillent pour mieux vous éblouir, et s'enfoncer dans vos chairs comme les crochets d'un cobra. La littérature est cruelle, elle ne s'apitoie pas sur les soldats vaincus, ventre ouvert, visage arraché par un éclat d'obus, hurlant dans la boue quand il leur reste encore assez de gorge.
    On n'écrit pas dans la tristesse, dans l'accablement, on écrit comme une arme aveugle, joyeuse de tirer ses rafales dans le gras de l'humanité, comme un bombardier ivre de bombes incendiaires qui lâche sa gerbe au-dessus des capitales, des ports, et même des villages peuplés de retraités endormis afin de semer la panique et que nul ne se croit à l'abri.
- L'écriture me monte à la tête.
    Elle perce des galeries dans mon cerveau comme des termites dans une poutre.

Microfictions, Régis Jauffret
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 1 février 2008
Retour à Paris.
L’écriture est chronophage, et j’en prends conscience depuis que j’ai cessé d’écrire. J’ai l’impression de n’avoir plus mis un pied dans le monde depuis une éternité. Février débute, il reste sept mois avant la parution du roman. Je ne parviens pas à écrire et j’ai supprimé le début de mon nouveau manuscrit. L’idée est la bonne, je la mûris depuis longtemps, mais il me manque quelque chose… Sans doute ai-je besoin de temps. Je n’ai jamais écrit en continu, et j’ai toujours été inquiété par les auteurs dont le débit de parole est incessant. Certains finissent par trahir leur œuvre à force de rendement et je serais de ceux-là si j’essayais de forcer une inspiration qui se dérobe. En tant que lecteur, j’ai parfois vécu la déception d’un livre comme une sorte de trahison… Je disais dans mon précédent post qu’il me faut désormais reprendre pied avec la vie active, la « vraie vie » en somme. L’écriture est exclusive, veut tout pour elle. Elle me laisse dans une vague errance, peut-être même socialement aliéné. Existentiellement largué. La solitude est une nécessité, elle devient une addiction, et il n’est pas évident de la rompre. Pourtant, je ne saurais écrire en puisant uniquement dans les livres ou le cinéma. J’ai besoin d’un terreau qui ne se trouve que dans l’expérience. Et puis ce blog d'ailleurs, que presque personne ne lit, à part quelques amis patients et attentionnés, à quoi sert-il ?

07081610032039641024264.gif

par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 27 janvier 2008
061_73236-Jeune-homme-nu-assis-au-bord-de-la-mer-1855-Affiches.jpgJe suis assis et je contemple tous les chagrins du monde, l'oppression et la honte ;
J'entends les sanglots convulsifs de la part de jeunes gens secrètement en peine avec eux-mêmes, saisis par les remords pour ce qu'ils ont fait,
Je vois dans les bas-fonds de la vie la mère maltraitée par ses enfants, mourant abandonnée, décharnée, désespérée,
Je vois l'épouse maltraitée par son mari, je vois le traître séducteur des jeunes femmes,
Je vois les fermentations de la jalousie et l'amour sans retour tenter de se dissimuler, j'assiste à toutes les scènes de la terre,
Je vois l'œuvre des batailles et des fléaux, de la tyrannie, je vois les martyrs et les prisonniers,
J'observe la famine en mer, j'observe les marins qui jouent aux dés, celui qu'on tuera pour préserver la vie des autres,
J'observe les injures, les dégradations commises par les arrogants à l'égard des travailleurs, des pauvres, des Noirs et leurs frères ;
Toutes ces fautes sordides, toutes ces douleurs interminables je les contemples, là où je suis assis,
Je les vois, je les entends, je garde le silence.


Feuilles d'herbe, Walt Whitman
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 23 janvier 2008
    Je suis toujours heureux d'aller à Paris, mais plus encore d'en revenir. J'y prends la mesure de mon  indécrottable besoin de calme, loin de l'effervescence des couloirs de metro qui n'en finissent jamais et des foules de parisiens opiniâtres. J'ai tout de même arpenté les rues de la capitale, visité le musée du Quai Branly, découvert l'auteur Kenzaburô Ôé (déroutant et brillant), mangé tibétain, rencontré des gens très sympathiques (dont un descendant de Victor Hugo, il faut le faire...) et déjeuné avec mon éditeur. Un programme d'une intensité sociale peu commune pour un ermite tel que moi. J'appréhendais ce déjeuner et je me sens terriblement maladroit dans ces relations pour lesquelles je ne parviens pas à me sentir légitime. Mais ce fût un moment très agréable. Mon manuscrit est donc rendu et sera bientôt entre les mains des correcteurs de Gallimard. Je suis impatient d'avoir leur retour. Il me faut réfléchir au bandeau rouge qui orne désormais les ouvrages de la Blanche d'un slogan aguicheur, puis à la quatrième de couverture (un résumé ? un extrait ? une phrase ?). Il ne restera ensuite qu'à croiser les doigts en souhaitant que le roman trouve ses lecteurs parmi les 700 sorties attendues à chaque rentrée littéraire de septembre... Je me sens un peu désœuvré ce matin; je n'ai ni le courage de travailler à mon nouveau manuscrit, ni celui de batailler avec le site de l'ANPE. Suis-je en train de vivre le syndrôme du blues post-partum ?
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mardi 22 janvier 2008
    Au crépuscule, dans notre uniforme bleu de cobalt avec notre bonnet, bleu de cobalt lui aussi, mais rayé d'indigo, bien enfoncé sur le crâne, nous traversions la cour de la maison de redressement, plongés dans la pénombre, puis marchions jusqu'au pied d'un mur en béton élevé, parsemé de taches couleur sang.
    En plein été, nous plaquions le dos au mur, pour rappeler à nos corps le souvenir des violents rayons du jour sur le point de s'estomper dans la première fraîcheur de la nuit. En hiver, nous frottions ce dos malingre et pauvre en muscles à la base du mur, pour nous protéger du vent du nord vigoureux qui gerçait nos doigts, rendus plus vulnérables à la nécrose sous l'effet de la teinture utilisée dans l'atelier.
    La tombée de la nuit était, pour nous, un court laps de temps extrêmement précieux. C'était l'unique occasion de nous dépouiller de la totalité des innombrables règlements et lois de l'établissement, qui nous entravaient comme une fine poussière collée à  nos corps : cela se présentait au crépuscule, en toute saison qui suivait son cours comme une rivière.
    Tout ce que nous avions à faire dans ces moments crépusculaires, c'était de rester silencieux. Les aînés attiraient près d'eux, chacun,  le garçon qui lui servait de maîtresse; tandis que ceux qui ne possédaient ni ce pouvoir-là ni une nuque assez tendre pour être une maîtresse s'assemblaient en silence, debout le dos contre le mur au grain râpeux et maculé de traces de mains graisseuses, ou accroupis, les genoux serrés entre les bras, sur un sol si aride que pas le moindre bourgeon n'y apparaissait : rien d'autre n'était exigé de nous au crépuscule.
    Le directeur nous avait accordé ce temps libre au crépuscule, comme occasion de nous repentir de nos "crimes". Mais nous qui avions le cou lisse et onduleux et un sexe aussi menu qu'un brin d'herbe, facilement congestionné, nous qui avions été arrêtés et fondus dans le moule criminel, avant même que notre forfait ne se retourne contre nous-mêmes avec le poids de l'événement, de quel crime pouvions-nous nous reprentir ?
    Nous, qui avions en moyenne quatorze ans et n'étions alors que des enfants, nous contemplions le sol de la cour qui prenait lentement une teinte brunâtre et nous tâchions de découvrir, tel un chasseur d'oiseaux, le "crime" qui se tapissait les ailes ramassées. Nous le cherchions jusque dans les replis de notre corps, sur la peau, sous les ongles. Comme nous étions dans l'annexe provisoire, destinée à isoler les plus agités, il était possible, comme le directeur et les éducateurs brutaux n'avaient  cessé de nous l'asséner, que nous ayons été couverts du duvet invisible du "crime", et peut-être même jusque dans les moindres recoins de nos entrailles. Mais nous n'avions pas envie de nous approprier nos "crimes" comme un bien, au même titre que nos pantalons ou nos chaussures. À la place, seuls les châtiments nous assaillaient en meute, nous encerclaient, afin de nous couper de l'extérieur.
    Parfois, un garçon récemment enfermé, exaspéré par la crainte d'être précipité dans une solitude angoissante, criait en agitant les bras et en bombant le torse :
    "Je fréquentais des pédés. Mais j'ai eu un monstre pour client : la graisse et la vaseline ne suffisaient pas et il m'a cherché. Et comme j'avais sous la veste une boule de plomb qui pendait..."
    Notre indifférence agaçait le novice qui redoublait d'exaltation et des larmes roulaient tandis que nous l'encerclions en silence. Un des aînés agacé par son baratin le frappa, mais sans réussir à le faire taire. Durant des jours, il continua à évoquer la cruauté de son geste et nous, toujours groupés autour de lui, nous regardions ses joues convulsives et ses yeux crispés.
    Un jour, soudain, ce garçon allait se taire. Son "crime" s'était disséminé parmi nous, s'était dilué et avait perdu toute sa fraîcheur : le cadavre de l'homme entre deux âges, qu'il avait assommé et qui gisait, pantalon baissé, sur le sol de béton souillé de toilettes publiques, ne lui appartenait plus en propre et s'était déjà fondu dans un magma visqueux, étale et immobile qui nous enveloppait tous. À ce moment-là, il était déjà conscient que nous partagions tout avec lui et qu'il ne lui restait rien d'exclusif. Et nous ne l'encerclions plus, puisqu'il n'était plus un novice.
   
La nuit, nous étions ramenés dans le vaste dortoir où le plafond exagérément haut répercutait le moindre son avec pesanteur : dans son profond sommeil dû à la fatigue, un garçon se tortillait en gémissant comme un petit animal qu'on étranglait. Le lendemain, les yeux rougis à cause de son sommeil agité, il nous raconta qu'il avait plongé la lame d'un poignard dans le ventre gras d'une prostituée qui s'était moquée de son sexe et que le sang avait giclé de la plaie pareille à une rose.
    Dès la nuit suivante, nous avons tous partagé en rêve cette prostituée pulpeuse et la plaie comme une rose sur son ventre blanc. Et puis ce cauchemar qui nouait la gorge et oppressait la poitrine perdit en densité, se transformant en un rêve qui procurait suffisemment de plaisir même à ceux qui n'avaient jamais eu leurs jambes
enlacées aux cuisses froides d'une prostituée; Au bout d'un certain temps, ne restait plus qu'une légère aventure amoureuse. Lorsque cela se fut étendu à tout le dortoir de la maison de redressement, personne, à commencer par ce garçon lui-même, ne transpirait ni ne tremblait à ce rêve.

Le ramier, in Le faste des morts, Kenzaburô Ôé
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 16 janvier 2008
antho-m2-p4-03-008.gif
Imiter est en effet, dès leur enfance, une tendance naturelle aux hommes – et ils se différencient des autres animaux en ce qu’ils sont des êtres fort enclins à imiter et qu’ils commencent à apprendre à travers l’imitation -, comme la tendance, commune à tous, de prendre plaisir aux représentations ; la preuve en est ce qui se passe dans les faits : nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d’animaux les plus méprisés et des cadavres. Une autre raison est qu’apprendre est un grand plaisir non seulement pour les philosophes, mais aussi pour les autres hommes – quoique les points communs entre eux soient peu nombreux à ce sujet. On se plaît en effet à regarder les images car leur contemplation apporte un enseignement et permet de se rendre compte de ce qu’est chaque chose, par exemple que ce portrait-là, c’est un tel ; car si l’on se trouve ne pas l’avoir vu auparavant, ce n’est pas en tant que représentation que ce portrait procurera le plaisir, mais en raison du fini dans l’exécution, de la couleur ou d’une autre cause de ce genre.


Poétique, 1448b, Aristote
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 10 janvier 2008
mishima.jpg    Reiko ne s'attarda pas. Elle se disait qu'elle allait connaître la souffrance qui tout à l'heure avait ouvert un tel gouffre entre elle et son mari, que cette souffrance deviendrait une part d'elle-même, et elle ne voyait là que le bonheur de pénétrer à son tour dans un domaine que son mari avait déjà fait sien. Dans le visage martyrisé de son mari il y avait quelque chose d'inexplicable qu'elle voyait pour la première fois. Elle allait résoudre l'énigme. Reiko sentait qu'elle était capable de goûter enfin, dans leur vérité, l'amertume et la douceur du grand principe moral auquel croyait son mari. Ce qu'elle n'avait jusqu'ici perçu qu'à travers l'exemple de son mari, elle allait le goûter dans sa propre bouche.
    Reiko ajusta la pointe du poignard contre la naissance de sa gorge et brusquement l'enfonça. La blessure était légère. La tête en feu, les mains tremblantes, elle tira vers la droite. Un flot tiède emplit sa bouche et devant ses yeux tout devint rouge, à travers le jaillissement du sang. Elle rassembla ses forces et s'enfonça le poignard au fond de la gorge.

Patriotisme, in La mort en été, Yukio Mishima
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 7 janvier 2008
 
ph3.jpg

17 fois Cécile Cassard, Christophe Honoré
Musique d'Alex Baupain
Voix : Béatrice Dalle
par Jeb
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 16 décembre 2007
  
flaubert-1-web.jpgQuand il fut assis près d'elle, son embarras commença ; le point de départ lui manquait. Sénécal, heureusement, vint à sa pensée.
- Rien de plus sot , dit-il, que cette punition !
Mme Arnoux reprit :
- Il y a des sévérités indispensables.
- Comment, vous qui êtes si bonne. Oh ! je me trompe ! car vous plaisez quelquefois à faire souffrir !
- Je ne comprends pas les énigmes, mon ami.
    Et son regard austère, plus encore que le mot, l'arrêta. Frédéric était déterminé à poursuivre. Un volume de Musset se trouvait par hasard sur la commode. Il en tourna quelques pages, puis se mit à parler de l'amour, de ses désespoirs et de ses emportements.
    Tout cela, suivant Mme Arnoux, était criminel ou factice.
    Le jeune homme se sentit blessé par cette négation ; et, pour la combattre, il cita en preuve les suicides qu'on voit dans les journaux, exalta les grands types littéraires, Phèdre, Didon, Roméo, Des Grieux. Il s'enferrait.
    Le feu de cheminée ne brûlait pas, la pluie fouettait contre les vitres. Mme Arnoux, sans bouger, restait les deux mains sur les bras de son fauteuil ; les pattes de son bonnet tombaient comme les bandelettes d'un sphinx ; son profil pur se découpait en pâleur au milieu de l'ombre.
    Il avait envie de se jeter à ses genoux. Un craquement se fit dans le couloir, il n'osa.
    Il était empêché, d'ailleurs, part une sorte de crainte religieuse. cette robe, se confondant avec les ténèbres, lui paraissait démesurée, infinie, insoulevable ; et précisément à cause de cela son désir redoublait. Mais la peur de faire trop et de ne pas faire assez lui ôtait tout discernement.
    "Si je lui déplais, pensait-il, qu'elle me chasse ! Si elle veut de moi, qu'elle m'encourage !"
    Il dit en soupirant :
    - Donc, vous n'admettez pas qu'on puisse aimer... une femme ?
    Mme  Arnoux répliqua :
    - Quand elle est à marier, on l'épouse ; lorsqu'elle appartient à un autre, on s'éloigne.
    - Ainsi, le bonheur est impossible ?
    - Non ! Mais on ne le trouve jamais dans le mensonge, les inquiétudes et le remords.
    - Qu'importe ! s'il est payé par des joies sublimes.
    - L'expérience est trop coûteuse !
    Il voulut l'attaquer par l'ironie.
    - La vertu ne serait donc que de la lâcheté ?
    - Dites de la clairvoyance, plutôt. Pour celles même qui oublieraient le devoir ou la religion, le simple bon sens peut suffire. L'égoïsme fait une base solide à la sagesse.
    - Ah ! quelles maximes bourgeoises vous avez !
    - Mais je ne me vante pas d'être une grande dame !
    À ce moment-là, le petit garçon accourut.
    - Maman viens-tu dîner ?
    - Oui, tout à l'heure !
    Frédéric se leva ; en même temps Marthe parut.
    Il ne pouvait se résoudre à s'en aller ; et, avec un regard plein de supplications :
    - Ces femmes dont vous parlez sont donc bien insensibles ?
    - Non ! mais sourdes quand il le faut.
    Et elle se tenait debout, sur le seuil de sa chambre, avec ses deux enfants à ses côtés. Il s'inclina sans dire un mot. Elle répondit silencieusement à son salut.

L'éducation sentimentale, Gustave Flaubert
par Jeb publié dans : Littérature
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 14 décembre 2007
    Le photographe de toutes les névroses  conjugales de la middle-class made in US se devait de faire poser Julianne Moore, la plus desperate housewife des actrices américaines. Quand Crewdson rencontre la bouleversante Laura Brown de "The Hours", cela donne forcément un petit bijou :

par Jeb publié dans : Photographie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Profil

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus